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  • TheYogaMom

Cher corps, je m’excuse. Et merci.

Mis à jour : févr. 28


Je pense que comme bon nombre de femmes, je n’ai jamais vraiment accepté mon corps. Enfin, ça me vient depuis quelque temps, mais c’est assez récent. Pendant très, très longtemps, je l’ai à peine toléré. Pour être honnête, j’en ai carrément eu honte.


Du petit cochon…


Un sentiment de honte qui remonte même à l’enfance. J’ai encore bien en tête l’odeur plastique des bains de mer (ou chaussons de sport blancs pour enfants, pour ceux qui ne parlent pas le montois) et surtout les grands moments de honte passés dans les vestiaires de mon école primaire, où j’aurais bien voulu pouvoir me cacher entre le plint et le gros tapis vert planté contre le mur histoire de me changer, ni vu, ni connu. Je me souviens aussi des moments pénibles durant les cours de danse classique (je vous jure, j’ai rien demandé, on m’y a inscrit d’office), où je devais m’engoncer dans un tutu rose qui me donnait l’impression d’être un joli petit cochon sous le regard pas franchement bienveillant de mes « copines » de classe.


Une fois arrivée à l’âge adulte, j’ai atteint une phase de « tolérance » envers mon corps. On n’était pas vraiment copains, mais ça allait encore. Enfin, ça, c’était jusqu’à la naissance de ma première fille.


Tam Tam Tam *musique dramatique*


… au homard


Si vous avez jeté un œil à mon article précédent, vous savez que je considère la matrescence, cette période où une femme devient maman, comme un deuxième complexe du homard (vous ne voyez pas de quoi je parle ? Je vous éclaire ici). Eh bien, je dois vous avouer qu’entre ma deuxième carapace et moi, ça n’a pas été l’amour au premier regard. Aucun des livres que j’avais lus sur la grossesse ne m’avait prévenue. Oui, mon corps avait résolument changé. Et non, il était peu probable que je récupère mon corps d’« avant ». C’est drôle, quand j’y pense, comme un corps que vous n’avez jamais vraiment apprécié peut vous manquer dès lors qu’il n’est plus là ! Heureusement, le temps passe et avec chaque jour, j’ai appris à apprivoiser ce nouveau corps. Mais il y a quelque temps, mon regard a résolument changé sur le sujet.


Le pull qui change tout


Il y a quelques semaines, mon aînée (âgée de 4 ans) est rentrée de l’école en me disant, un peu chiffonnée : « Maman, Bryan, il m’a dit que mon pull, il était moche ». Mon premier réflexe a été de penser « Mais on em*** Bryan, tu es jolie comme un cœur et puis c’est tout ! », mais je me suis rappelée que je suis une maman relativement polie et j’ai préféré lui demander : « Toi, tu l’aimes, ton pull ? Tu le trouves joli et tu te trouves jolie dedans ? » Ma poulette qui me répond fièrement « Ben oui ! ». Et là, je lui ai simplement expliqué : « Le principal, c’est que tu aimes ce que tu portes. Que toi, tu le trouves joli. Et que tu te trouves jolie dedans. Ce que pensent les copains, tu t’en moques. Et la prochaine fois que Bryan ou quelqu’un d’autre te fera une remarque similaire, tu lui diras poliment que tu te moques de son avis, que toi tu aimes tes vêtements, que tu te sens jolie dedans et que c’est la seule chose qui compte. »


Et là, je me le suis pris comme un train en pleine figure. Une vraie révélation : comment je peux élever mes filles avec cette idée de s’accepter telles qu’elles sont, que ce soit en matière de physique, de goûts vestimentaires ou de personnalité, si j’étais incapable de l’appliquer à moi-même ? Parce qu’outre l’ironie, voire l’hypocrisie de la chose, il y aura forcément une différence entre le discours que je tiens et le comportement que mes filles pourront observer vis-à-vis de moi-même. Et qu’elles voudront peut-être reproduire. Et là, je me suis dit qu’il fallait que je redresse un peu la barre.


Et je me suis dit qu’il était peut-être temps de faire la paix avec mon corps.

Alors, je voudrais juste dire : cher corps, je m’excuse. Et merci.


Je m’excuse pour toutes ces fois où plutôt que d’être dans ton camp, d’avoir pris soin de toi, je t’ai examiné à travers le pire regard des autres. Je m’excuse de t’en avoir voulu pour chaque remarque négative, chaque moquerie, plutôt que d’en vouloir à celui qui l’avait adressée.


Et merci. Merci de m’avoir permis de porter et de mettre au monde deux jolies poulettes, merci de me permettre de les tenir dans mes bras et même de courir après Emma quand elle croit que c’est drôle de faire la course entre les voitures d’un parking.


Et je ne t’en veux pas pour les vergetures ou la poitrine en gants de toilette. Au final, chaque trace de mes grossesses raconte une histoire. Une belle histoire.



J'ai craqué pour ce cliché de Kerfox.com et je vous invite à découvrir ses sublimes photos consacrées à la naissance, à la famille et au corps post-partum.

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