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  • TheYogaMom

Chroniques d'une mère confinée

Mis à jour : août 20

On a tous vécu le confinement (puis le déconfinement, puis le reconfinement qui n’en est pas un, mais quand même) chacun à sa manière. Qu’on soit célib’, en duo, en tribu ou confiné avec son chat. Pour tout le monde, ça a été, c’est et ça restera de véritables montagnes russes entre les bons moments… et puis les autres.


Vous vous demandiez où j’étais passée ces dernières semaines ?


Petit recap’ de ces derniers mois et des enseignements que j’ai pu en tirer. Parce que oui, il y en a et c’est une bonne chose !


De la reconnaissance…


Bien sûr, je dois commencer en exprimant toute ma gratitude envers la vie, l’univers (Dieu ou Allah marchent aussi, à vous de voir) d’avoir passé un confinement avec une petite famille en bonne santé. Si la crise actuelle m’a appris quelque chose, c’est bien ça : j’ai longtemps sous-estimé le fait d’être en bonne santé et surtout, surtout, le fait que ceux que j’aime aillent bien. En temps normal, ça allait de soi. Mais rien n’est acquis et le fait d’avoir un corps qui fonctionne bien et sans dérapage, c’est déjà une sacrée chance. En être consciente m’a rendue encore plus reconnaissante envers la vie.


Enfin, le confinement ne m’a pas donné la sagesse d’un moine bouddhiste non plus. Même si, avouons-le, ç’aurait été sympa.


Mais de la colère aussi


Si je suis tout à fait consciente de ma chance, je dois dire que le confinement en famille a été *un tout petit peu* rock ‘n roll. Pour moi, il s’est un peu passé en deux phases. La phase 1, que je résumerai par « J’ai le temps de m’occuper de mes enfants, car mes clients se font moins demandeurs » et qui a résulté en un stress assez intense parce que je passais mes journées à me demander si mes clients allaient revenir, et la phase 2, que j’intitulerai plutôt « Je bosse à nouveau à temps plein, c’est génial, mais comment je m’occupe de mes deux petites poulettes full-time ? », qui a à son tour résulté en un stress assez intense vu l’aspect légèrement schizophrénique de mes journées.


Comment s’occuper correctement à temps plein de mes filles tout en garantissant un travail de qualité à mes clients ? Les semaines ont passé et je n’ai jamais trouvé la réponse (si vous savez comment faire, d’ailleurs, je suis preneuse. Contactez-moi en MP, bisous).


Résultat : face à cette mise en échec permanente (je me sentais mauvaise mère d’un côté, mauvaise traductrice de l’autre) j’étais aussi explosive qu’un baril de nitroglycérine ballotté sur un chemin de terre. Prête à exploser au moindre soubresaut de mon quotidien.


J’avais la haine


La haine contre le type qui avait fait on ne sait quoi avec un pangolin/une chauve-souris/un échantillon de labo et avait causé une pandémie mondiale.


La haine contre moi-même, pour mon incapacité à concilier pleinement ma vie privée et mon activité pro durant cette période si particulière. Bon, on est d’accord, les filles ont survécu, elles ont toujours leurs dix doigts et leurs dix orteils, mon activité semble aussi avoir survécu, mais j’aurais voulu faire mieux. Tellement mieux. Ou, à défaut de faire « mieux », j’aurais au moins voulu faire « bien ».


La haine contre cette situation, l’impossibilité de voir ceux que j’aime. De ne pas pouvoir célébrer le premier anniversaire de ma cadette avec nos proches.


Quand j’y réfléchis, j’avais surtout la haine contre mon impuissance face à cette situation. Mais, quelle qu’en soit la cause, la haine, la colère, la frustration n’ont pas vraiment le don d’apporter de bonnes choses. Cultiver ma colère comme je le faisais, c’était un peu comme cultiver des clous en pleine terre en espérant qu’ils poussent : ça exige une énergie dont on a tellement besoin ailleurs, ça ne porte jamais de fruits et tout ce que l’on peut faire en se penchant sur ce que l’on a semé, c’est se blesser. C’est exactement l’effet qu’a eu cette irritabilité sur ma vie et mon quotidien en famille.


Merci Mel (non, pas Gibson)


Heureusement, je suis tombée sur une vidéo de Mel Robbins. Mel Robbins, c’est une coach américaine comme on en voit beaucoup, mais pourtant assez différente des espèces de gourous portés en héros par une culture américaine en mal de vivre. Il suffit de regarder une seule de ses vidéos sur YouTube pour s’en apercevoir.


Dans cette vidéo, elle explique (je paraphrase beaucoup) qu’il est normal d’avoir la haine face à la situation actuelle, d’autant plus que cette saleté de maladie est venue chambouler notre quotidien, nous obligeant à revoir nos plans pour un bon nombre de mois. Mais surtout, elle ajoute que cette colère, cette irritabilité est sans doute due au fait que l’on ne s’est pas autorisé à faire le deuil de son quotidien d’avant. D’avant le coronavirus. D’avant les masques et la peur de la contamination.


Et là, ça a été la révélation. Pour la première fois depuis le mois de mars, je me suis autorisée à penser à tout ce qui me manquait de mon quotidien d’avant. À sentir pleinement comme j’étais impuissante sur un grand nombre de plans. À prendre conscience du véritable poids que pesait sur mes épaules l’angoisse que ma famille et les gens que j’aime tombent malade. Pour la première fois depuis le mois de mars, je me suis autorisée à pleurer toute ma frustration et ma tristesse.


Et puis, comme ça, d’un coup ça a été nettement mieux


En faisant face aux choses que j’avais perdues, j’ai réalisé que j’aurais pu perdre bien pire. Et je pense qu’inconsciemment, j’ai réagi en commençant à construire d’autres habitudes, d’autres projets. Un exemple : j’ai commencé à m’investir dans mon jardin, avec un potager et un poulailler qui d’ici quelques années (croisons les doigts), me permettront de réduire ma dépendance envers les grands distributeurs du secteur alimentaire et surtout, de savoir exactement ce que je glisse dans mon assiette.


Et en regardant dans le rétro, j’envisage même de laisser tomber certaines habitudes de ma routine d’avant. De mettre en pratique des enseignements que j’ai tirés de ces mois si étranges. Et parce que je pense que ça pourrait vous être utile, je les partage sans hésiter :


Écoute-toi. Écoute ton corps. Tu ne serviras pas tes objectifs de vie, la meilleure version de toi-même et les gens que tu aimes en te laissant submerger par le stress, la fatigue. Alors, écoute ce que ton corps te dit et accorde-toi le break dont tu as besoin (et n’attends pas qu’on te dise que tu mérites une pause).


Prends le temps de faire le point. Souvent, prendre le temps de faire sa petite analyse intérieure (attention, sans jugement, car on a généralement tendance à être assez impitoyable envers soi-même) permet de rebondir et de revenir à une dynamique positive.

Tu peux construire de nouvelles habitudes. Je suis d’accord, il faut admettre qu’on est impuissant face à certains éléments de la vie, comme la pandémie. Mais il ne faut pas oublier qu’on est aussi acteur de sa vie et que l’on a le pouvoir de modifier et d’adapter certaines choses comme on l’entend. Ton quotidien a changé ? Profites-en pour réinventer des habitudes pour créer une vie qui te convient encore mieux.


Si elle n’a clairement pas été confortable, ma petite analyse intérieure m’a également permis de souligner des choses que j’aimerais changer dans mon approche de l’éducation, mais ça, je vous en parle dans un prochain article. 😉


Et vous, comment avez-vous vécu le confinement, comment vivez-vous la situation actuelle et avez-vous tiré des enseignements de cette période ? Partagez vos découvertes avec nous !




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