• TheYogaMom

Les filles aussi peuvent faire du footboule

Happy journée internationale des Droits des Femmes, mesdames !


L’occasion pour moi de m’interroger une fois encore sur ce que c’est vraiment qu’une « femme ». Et sur la féminité, aussi.


Est-ce qu’être une femme, c’est forcément avoir un utérus ? Comme si subir une hystérectomie faisait d’une femme un être ni mâle ni femelle (encore faut-il savoir s’il est essentiel de se positionner dans ce schéma qui oppose masculin et féminin) ? Ou avoir de la poitrine ? Avoir des enfants ? Ne pas en avoir ? Se maquiller ? Porter des jupes ?



Pour moi, être une femme, c’est avant tout une question d’identification individuelle, avec un soupçon (ou une bonne dose, c’est selon) d’influence culturelle. Traduction : il n’y a pas une définition de la femme. Il y en a autant qu’il y a de personnes qui se revendiquent femme sur cette Terre. Et ça, ça fait un tas de visions différentes.


Par exemple, je ne me suis jamais aussi sentie femme que depuis que je suis maman, même si je peux tout à fait comprendre que pour d’autres personnes, la maternité ne joue aucun rôle dans le fait de sentir femme. C’est juste MA vision des choses.


Disons les choses telles qu’elles sont : j’ai les cheveux courts à la garçonne et je ne supporte plus de sentir une touffe de cheveux pendouiller dans ma nuque (c’était chouette, ces longs mois sans coiffeur), je suis une fervente adepte du jeans mom (la vie est trop courte pour s’embêter à porter des jeans skinny qui vous moulent les mollets) et de Converses, je ne me maquille presque plus (ma deuxième grossesse m’ayant apporté son lot de nouvelles intolérances cutanées)… bref, je ne corresponds pas à l’image qu’on se fait d’une maman, d’une femme, d’un idéal féminin (en fait, je n’ai même rien d’idéal du tout, mais chut).


Mais vous savez quoi ? Moi, je me sens femme. Pour moi, porter (et faire sortir, surtout) deux beaux enfants a été l’expérience qui a redéfini ma vision de la vie, de mon corps et de la féminité. Et pour être tout à fait sans filtre, cette vision de la féminité liée à la maternité se traduit essentiellement par une chose : je n’ai pas besoin d’accessoires, de vêtements ou d’attributs estampillés « féminins » par notre société pour me montrer que je suis une femme. J’ai deux belles poulettes et une cicatrice d’épisio pour le prouver. Et c’est bien assez.


Avec le temps qui passe, je réalise aussi qu’être femme, c’est se rappeler que nos droits ne sont pas acquis, qu’il faut au moins être attentive à ne pas s’engouffrer dans une espèce d’indifférence face aux inégalités qui persistent entre les hommes et les femmes. Et récemment, j’ai réalisé à quel point il était important de promouvoir cette égalité auprès des générations futures. De nos enfants.


Ce besoin de sensibilisation m’est apparu comme une évidence il y a quelques semaines, alors que je ramenais Emma de l’école. J’adore nos grandes discussions sur le chemin du retour, parce qu’elles me donnent un aperçu de la poulette formidable qu’elle est (si, je suis tout à fait objective), mais aussi parce que j’aime m’étonner de son vocabulaire et de ses tournures qu’elle emprunte parfois maladroitement de ses podcasts favoris.


Lors de l’une de ces grandes conversations, Emma me parle de son copain Roméo. Je lui demande : « Ah, et vous jouez souvent ensemble ? » Elle me répond alors : « Ben oui, mais tu sais, il est fort occupé. Il joue beaucoup au footboule. Parce que tu vois, lui, c’est un garçon, donc il peut devenir star de footboule plus tard. »


Je crois qu’en temps normal, j’aurais commencé par lui dire pour les 25 000e fois environ : « Emma, on dit “football”. “FootBAAAAUUUUUL”. » Mais là, le plus important n’était pas là. Ma grande fille, que je considère capable de faire tout ce qu’elle voudra plus tard dans sa vie (à nouveau si, je suis objective), semblait tenir pour acquis qu’il y avait des professions ou des passions pour les filles et pour les garçons. Et là, c’est sorti tout seul :


« Tu sais, Emma, il n’y a pas d’activité ou de travail qui soit pour les filles ou pour les garçons. Mis à part faire pipi debout, une fille peut tout faire comme un garçon, y compris du football. Je vais même te dire, c’est nous qui portons les bébés et qui les faisons grandir dans notre ventre. Et ça, c’est vachement fort. »


Bon, je ne suis pas sûre de l’avoir convaincue, car ses copines disent que les filles et les garçons ne font pas pareil. Et visiblement, l’avis d’une maman ne fait pas le poids face à celui des copines. Mais je ne me décourage pas. Pour l’instant, elle veut devenir astronaute et je me dis que fille ou garçon, on a tous le droit de rêver au job qui nous met des étoiles dans les yeux. Et de l’exercer un jour.


Même si c’est devenir star de footboule.

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